L'effet politique de la crise, le triomphe de la surenchère et l'actualité du gaullisme social

 

Posté par Marc FRAYSSE

 Les enseignements de la primaire socialiste comportent plusieurs degrés.  La participation témoigne d’une attente réelle de la société à participer pleinement à la vie politique. Ce n’est ni un spectaculaire raz-de-marée ni un épiphénomène, le seuil des 2,5 millions est significatif de l’intérêt que portent les Françaises et les Français au scrutin présidentiel. La primaire vient d’induire un changement de nos mœurs politiques et ce de façon durable.



 Effet indirect, cette logique va conforter le débat entre deux grandes formations, celles qui ont la capacité à mener ces initiatives de consultation à grande échelle. Il faudra suivre les recompositions du panorama politique dans les prochaines années. Les Radicaux de Gauche en jouant le jeu de la démocratie directe ont révélé leur quasi-inexistence électorale. Voilà un vestige de l’ancienne union de la gauche des années 70 qui aujourd’hui témoigne de sa faible représentativité alors qu’il incarne une sensibilité politique de gauche modérée.
Enfin est surtout, cette primaire a mis en évidence une aspiration protestataire. Certes elle s’effectue au sein d’un électorat soucieux de porter des représentants au Pouvoir pour gérer le pays mais le fait politique majeur est bien là.
Arnaud Montebourg a surfé sur des thèmes proches du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. Haro sur l’Euro, retour au protectionnisme au travers de la formule plus moderne de la démondialisation, découper les banques… Ces affirmations on trouvé un écho car l’inquiétude de l’avenir, l’exaspération devant la progression de la précarité se trouvent au cœur des préoccupations premières des Françaises et des Français.
Cette protestation constitue le levier politique du Front National. Dans l’affirmation des situations paradoxales qui est désormais son style, Marine Le Pen ne vient-elle pas d’affirmer que les valeurs économiques (retour au France, sortie de l’Europe) qu’elles portent  ne sont plus représentées dans le deuxième tour de la primaire socialiste.
Mélenchon, Montebourg, Marine Le Pen sur une même ligne, la ficelle serait bien grossière mais elle permet  à ceux attachés au "parler économiquement correct" de fustiger cette défiance à l’égard d’une logique de libéralisation des marchés.
La crise avec toutes ses conséquences humaines a pour effet de voir s’exprimer une surenchère dans la dénonciation mais cette dernière n’est en rien condamnable. La logique économique est à repenser pour trouver l’équilibre indispensable d’une croissance mondiale  et il ne faudra pas éluder les problèmes posés par les adversaires déclarés d’un libéralisme devenue sauvage en raison de la faiblesse des états face aux lobbys financiers dont le seul moteur est la spéculation.
En cela, la vision d’un Etat acteur plus affirmé dans la vie économique est à soutenir, un Etat garant de l’équité sociale, soucieux de voir des productions se développer sur son territoire.  D’aucuns avaient ironisé sur le passéisme du gaullisme social. Cet équilibre entre missions de l’Etat et libertés d’entreprendre est  aujourd’hui d’actualité.

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1 commentaire

  • Stéphane Bouvet a commenté le 21/11/2014

    Le "gaullisme social" est une réalité incontournable. C'est un fait.
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